Flux et collaborations autour du modèle central

Concrètement, comment peut fonctionner une « maquette centrale » ? Si tout le monde dessine en même temps dans le même fichier, comment est-il possible de savoir quelle version du fichier doit être conservée ?

Lors du travail collaboratif autour d’une maquette centrale, il est nécessaire de créer des « sous-projets ». Il y aura par exemple des sous-projets Etage 1, Etage 2, Structure, Cloisons, Menuiseries…

Chaque concepteur doit posséder le même logiciel (Revit par exemple). Chacun va sur le serveur commun, et ouvre la maquette centrale. A partir de là, le logiciel créé une « copie locale » de la maquette sur le disque dur de l’ordinateur. C’est sur ces fichiers locaux que chaque concepteur va travailler.

Un concepteur doit se déclarer « propriétaire » d’un des sous-projets. Par exemple, si je décide de dessiner les cloisons, je dois me déclarer propriétaire de ce sous-projet en premier, et personne d’autre ne pourra se déclarer propriétaire de ce sous-projet tant que je travaille.

A intervalles réguliers, chaque concepteur « synchronise » sa maquette locale vers la maquette centrale. A cet instant, le logiciel copie les nouvelles données du sous-projet dont vous êtes propriétaire pour les injecter dans le même sous-projet présent dans la maquette centrale. En parallèle, il charge les nouvelles données que les autres concepteurs ont modélisées pour les afficher sur votre écran.

La maquette devient donc un « bien commun » qui grandit en temps réel sous les yeux de chacun des concepteurs.

Ce système est parfaitement fonctionnel aujourd’hui lorsque les concepteurs se trouvent dans les mêmes bureaux, sur le même serveur. Il existe également des systèmes hébergés pour utiliser de la même façon ce travail collaboratif, mais au travers d’une maquette centrale stockée sur un serveur.

Le schéma radial d'un processus BIM dans la construction
La maquette est placée au centre des échanges

Maquette métier et master maquette

Actuellement

Puisque nous sommes actuellement en train de passer du Niveau 1 au Niveau 2, nous nous apprêtons à travailler durant quelques années avec plusieurs « maquettes métier » qu’il va falloir compiler pour vérifier la cohérence globale.

La séparation des maquettes répond aux contraintes technologiques actuelles qui rendraient peu fonctionnelle (car trop lourde) une maquette contenant toutes les informations du projet. Concrètement, un bureau d’étude de structure n’aura pas besoin d’avoir en permanence la position des réseaux conçus par le bureau d’études fluides. Pour alléger sa maquette et fluidifier son travail, le BET structure travaillera donc sur sa propre maquette métier. Néanmoins, il aura besoin de connaitre la position de ces réseaux lorsqu’il positionnera les réservations dans les ouvrages. Il chargera alors la maquette « fluides » dans son projet, positionnera ses réservations, puis déchargera la maquette « fluides ».

La maquette permet dès le Niveau 2 d’aider à la conception, mais un problème subsiste : comment réaliser la synthèse de toutes les maquettes ? Dans notre exemple, le BET structure a utilisé à un instant T la maquette fluides, mais que se passera t ’il si la maquette fluides évolue et que le BET structure n’en est pas avisé ou n’en tient pas compte ?

C’est là qu’intervient la « cellule de synthèse ». Ce terme déjà utilisé sur des projets suffisamment grands désigne un groupe de personnes travaillant conjointement avec la maitrise d’œuvre dont le but est de vérifier la cohérence globale de la conception réalisée isolément par chacun des bureaux d’étude. La synthèse consiste donc à superposer les différents plans pour détecter les conflits entre ouvrages (clashs réseaux/structure ou réseau sec/réseau humide par exemple).

Au Niveau 2 de déploiement du BIM, la synthèse conserve intégralement ses fonctions et son utilité. C’est à elle que revient la charge d’assembler les différentes maquettes dans ce que l’on nomme une « master maquette ». Cette master maquette, très lourde, est exploitée par des logiciels spécialisés (Autodesk Navisworks Manage par exemple) qui vont détecter automatiquement les « clashs » et réaliser des rapports précis.

A charge ensuite de la cellule de synthèse d’analyser ces clashs, d’envisager des solutions et de notifier chacun des concepteurs concernés des modifications à apporter pour éliminer ces clashs. Dans le cadre d’un processus BIM, c’est le « BIM Manager » qui est en charge de ce travail se synthèse.

A l'avenir

Maquette BIM centrale hébergée sur serveur
Flux des échanges en BIM de niveau 3

Lorsque nous serons au Niveau 3 de déploiement du BIM, tous les intervenants travailleront en temps réel autour d’une « master maquette » commune et centrale. Le travail de chaque concepteur sera visible en temps réel par les autres concepteurs, ce qui éliminera une grande part du risque de créer des « clashs ». Même si la cellule de synthèse sera nécessairement présente pour contrôler et valider le travail commun, les concepteurs, ou « BIM Modeleurs » seront beaucoup plus autonomes et auront plus facilement les clés en main pour concevoir sans conflit dès le début, ce qui allégera la charge de travail de la cellule de synthèse.

Le meilleur est à venir !

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3 thoughts on “Le travail collaboratif autour de la maquette

  1. Si je comprends bien, le chemin de production reprend la trame classique de conception, sauf que les incohérences ou erreurs de différents projets sont détectées et visualisées à l’instantanée. Cependant, je suppose qu’il faut préalable définir le limites du cadre d’intervention de chaque participant.

    1. Effectivement on peut le résumer ainsi ! Le BIM n’est finalement qu’un outil et un concept, mais l’humain reste primordial et aucun outil ou concept ne peut prétendre se passer des compétences humaines existantes, tout au plus il peut les amener à évoluer.

  2. Le BIM est un outil d’aide à la décision . Une approche adaptative et rationnelle dans la gestion des risques et la maitrise des couts nécessite la mise en place de bases de données structurées.

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