La fourniture de prestations BIM, un marché d'avenir

Rappelons un chiffre : en France métropolitaine, 94% des entreprises ont entre 0 et 9 salariés, soit précisément 513 141 entreprises (chiffres de l’Observatoire des Métiers du BTP).

Cette masse énorme d’entreprises qui sont pour la plupart dans l’incapacité d’intégrer le BIM vont progressivement, notamment dans le cadre de marchés publics, être contraintes de produire des documents BIM.

Les entreprises seront obligées de travailler en BIM

Il s’agira notamment de fournir des DOE (Dossiers d’Ouvrage Exécutés) au format IFC pour archivage par la commune en vue de pouvoir fournir des plans de recollement de l’existant lors de travaux futurs. Même si on n’attendra jamais de la petite entreprise villageoise de TP de produire une planification 4D de ces travaux, les DOE restent une étape absolument nécessaire pour les collectivités territoriales, et d’ici quelques années elles seront légalement contraintes de l’exiger en IFC, qu’elles en aient la volonté ou non.

De même pour les entreprises de bâtiment, lorsqu’un ouvrage sera mis en projet, une maquette sera fournie aux entreprises consultées. Certaines (les majors) exploiteront la maquette pour leurs chiffrages et pour faire valoir commercialement un savoir-faire technologique valorisant, mais la plupart des PME (Petites et Moyennes Entreprises) n’utiliseront pas le BIM et feront une offre de prix traditionnelle sur la base d’une étude des plans 2D seuls.

Sauf que, les maitres d’œuvre, très sensibilisés au BIM, vont intégrer dans les pièces écrites du marché l’obligation pour l’entreprise retenue de « fournir une maquette BIM DOE eu format IFC en fin de chantier ». Cette petite ligne, pourtant très engageante, passera parfois inaperçue aux yeux d’un entrepreneur non sensibilisé à la problématique du BIM. Pourtant, une fois le marché signé il n’aura d’autre choix que de respecter ses engagements et devra alors trouver une solution en urgence pour modéliser ses DOE.

Les solutions pour assumer le BIM

  1. Recruter un nouveau collaborateur, éventuellement en CCD ou Intérim pour minimiser l’engagement,
  2. Trouver un stagiaire capable de faire le job,
  3. S’asseoir sur cette obligation en espérant que le maitre d’œuvre n’y soit pas trop attaché et oublie de lui réclamer ses DOE BIM à la fin du chantier (est-ce vraiment une solution ?)
  4. Missionner un « prestataire BIM » en achetant une prestation de modélisation de DOE au format IFC.

La solution n°1 est viable mais peu réaliste. Une embauche est toujours une étape effrayante pour un entrepreneur. L’Intérim rend ce passage à l’acte plus simple, mais la difficulté sera alors de trouver un profil disponible. Je le rappelle, nous sommes partis pour quelques années pendant lesquelles la demande de collaborateurs « BIM READY » sera bien supérieure aux nombres de profils disponibles, et une vraie carence de profils est à prévoir, rendant donc les chances de trouver un « profil BIM qui traine » en Intérim très faibles. Quand bien même un profil soit trouvé, qu’advient-il si le collaborateur embauché n’est pas aussi performant qu’il le prétend et met trop de temps à modéliser ? Faut-il alors prolonger sa mission ad vitam aeternam jusqu’à ce qu’on obtienne enfin le résultat escompté ? Et comment vérifier la qualité du travail fourni lorsqu’on n’est pas soit même capable d’en juger ? Le risque est alors de remettre les DOE au maitre d’œuvre et qu’un mois plus tard ce dernier vous recontacte en disant qu’ils sont inexploitables…

La solution n°2 est également viable mais présente exactement les mêmes inconvénients que la n°1, avec la difficulté en plus de trouver un stagiaire dont la période de stage tombe au bon moment, et qui de plus soit formé dans une école où des modules de formation à la modélisation de maquette 3D sont existants, ce qui ne court pas les rues.

La "solution" n°3 est risquée mais sera très rependue les premières années. D’une part parce que tous les maitres d’œuvre ne sont pas sensibilisés au BIM, et que même si une législation les pousse à terme à exiger du BIM, ils ne seront pas nécessairement aptes à maitriser le sujet et donc à insister pour obtenir les éléments. D’autre part par ce qu’exiger du BIM au petit artisan local ne va pas être une mince affaire et que certains maitre d’œuvre prendront pour eux l’intégration des DOE de ces artisans, en demandant par exemple à titre gracieux au BIM Modeleur de l’architecte de mettre au propre dans la maquette un bout de DOE gribouillé sur un coin de nappe par l’artisan. Le tout sera de voir si ce service voudra bien être rendu à titre gracieux, ou s’il faudra alors se tourner vers un prestataire pour pallier la défaillance de l’artisan, quitte à retenir une partie des 5% de retenue de garantie sur le marché de l’artisan, ce qui nous amène à la solution n°4.

Sous-traiter la prestation BIM s'impose vite

Le recours n°4 devient donc très facilement le seul qui soit viable. L’achat d’une prestation BIM garantie en outre un prix forfaitaire au client, quel que soit le nombre d’heures réellement passées sur la maquette par le BIM Modeleur prestataire. Il est également un gage de simplicité pour l’entrepreneur qui n’a alors qu’à fournir les informations 2D agrémentées d’un petit coup de fil ou d’une réunion pour bien expliquer les choses à son prestataire, et basta.

La place laissée aux « prestataires BIM » est donc belle et nul doute que le marché va bientôt être exploité.

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