Actuellement

Dans la démarche actuelle, l’information relative à un bâtiment est maltraitée. Elle est sans cesse convertie de la 2D à la 3D, puis redessinée, remodelée, complétée, filtrée… Tout commence dans la tête du client, le maître d’ouvrage. Le client sait ce qu’il veut, il est évidemment la personne qui a les idées le plus au clair sur ses besoins. Il est le détenteur de sa propre « image mentale 3D » du bâtiment qu’il souhaite faire construire.

Le client passe le plus souvent par l’intermédiaire d’un maître d’œuvre, à qui il doit expliquer notamment les besoins fonctionnels de son bâtiment (capacité d’accueil, nombre de pièces, fonctions, circulations, flux publics…) pour qu’il établisse un programme. Le client doit alors communiquer une « maquette fonctionnelle mentale » de son bâtiment au maître d’œuvre, sous forme de mots, pour que ce dernier établisse le « programme architectural ». Un architecte travaille ensuite sur le sujet. L’architecte doit être capable de reconstruire le modèle 3D que son client a au préalable convertie sous forme de mots. L’architecte doit alors interpréter ces mots, pour lui-même se construire sa propre image mentale en 3D, dont la conformité avec les attentes du client dépend intégralement de la qualité de cette double conversion « modèle 3D – mots / mots – modèles 3D ».

Une fois que l’architecte a bien en tête son image mentale 3D, il la dessinera en passant par les stades successifs d’esquisse et d’avant-projet jusqu’à l’établissement d’un dossier de demande de permis de construire (PC), à fournir en plans 2D, ainsi que d’un dossier de consultation des entreprises (DCE) généralement en 2D également.

A ce stade, tout le travail en 3 dimensions que l’architecte a réalisé perd toute sa valeur intrinsèque. Il est réduit à ne vivre que sous la forme d’une série de plans 2D auprès des entreprises. Tous les intervenants devront alors se construire à nouveau leur propre « image mentale 3D » du bâtiment sur la base d’une analyse simultanée de tous les plans d’étages/coupes/façades 2D.

Lors de l’exécution, certaines entreprises auront alors besoin de travailler en 3D pour leurs propres besoins de préfabrication d’éléments de construction. Elles modéliseront alors leur propre maquette, généralement sans aucune communication avec les autres entreprises qui raisonnent aussi en 3D.

Puis, lorsque les travaux sont terminés, chaque entreprise doit fournir au client les Dossiers d’Ouvrages Exécutés (DOE) permettant d’avoir tous les plans les plus à jour du bâtiment, en 2D, dans le but d’être archivés et de faciliter des travaux ultérieurs sur l’ouvrage.

A la fin du processus, le bâtiment a subi une multitude de conversions 2D/3D pour passer du stade de l’idée au stade de la propriété du client.

Mais en quoi ceci est gênant ?

La conversion 3D/2D est quasi systématiquement associée à un changement de logiciel de dessin et de formats de fichier. Des informations sont souvent perdues ou erronées. Il faut alors que l’intervenant suivant ressaisisse les informations manquantes, en ajoutant à nouveau un risque humain qu’est l’oubli ou l’erreur. Et cette ressaisie est effectuée par chaque entreprise, dans son coin, parfois de la même façon et sans aucun partage.

La démarche actuelle des échanges entre intervenants suit une logique linéaire
Schéma d'un processus non-BIM

Ces ressaisies sont extrêmement chronophages et allongent la durée de conception et de synthèse technique de l’ouvrage. Elles sont également coûteuses, justement parce qu’elles prennent du temps et qu’il faut payer un opérateur pour réaliser cette tâche. Elles sont également néfastes pour la qualité de réalisation de l’ouvrage, car elles multiplient le risque d’erreur de conception et augmentent donc la probabilité que le chef de chantier prenne des décisions de « bricolage de dernière minute » sur le chantier, qui n’ont généralement pas très bonne presse auprès des clients…

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One thought on “Les défaut d’un processus non-BIM

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