Pauvre Jack !

Jack, architecte, a été parmi les premiers à passer de la planche à dessin aux logiciels de DAO 2D puis à ArchiCAD, logiciel de DAO 3D il y a plus de 15 ans.

Il s’est formé, il a recruté des collaborateurs qu’il a également formés. Il a ensuite dédié certains collaborateurs pendant un temps donné à la création d’une bibliothèque d’objets 3D automatisés dans le but de dessiner ensuite plus vite et mieux.

Jack a toujours veillé à anticiper les affaires futures, il a toujours été prêt à « perdre du temps aujourd’hui pour en gagner demain ». Il sait que ses concurrents ne font pas tous de tels efforts, mais il reste convaincu qu’il a raison de les faire et que c’est grâce à cela qu’il arrive à se démarquer.

Bravo Jack. Au fait, enchanté, je m’appelle La Loi. Alors maintenant écoute-moi bien Jack. Moi, La Loi, je te dis que tout ce travail que tu as fait depuis toutes ces années, et bien… tu vas le partager, car oui, en 2017 j’imposerai que tu partages ta maquette à tout le monde lorsque tu travailleras pour mon cousin l’Etat.

Que tous les objets 3D que tu as mis tant de temps à concevoir et que ton savoir-faire se retrouve dans la nature, dans les mains de plusieurs entreprises et à terme dans celles de tes concurrents, et bien à vrai dire, je m’en fiche !

Vous connaissez Jack ? A vrai dire moi non plus. Mais je sais qu’il existe et honnêtement je n’ai qu’une envie c’est de prendre sa défense et dire STOP au BIM. Un peu de respect pour le travail fourni, mince !

Tout compte fait ...

A mieux y regarder, on se perd ici dans une réaction purement épidermique qui, consciemment ou non, est le résultat d’une peur de la nouveauté assorti d’un goût de la routine et d’une légère réfractivité envers le progrès. (Houlà… je ne vais pas me faire des amis parmi les architectes !).

En quoi le partage d’une maquette, au travers du format normalisé IFC est différent du partage d’un plan au format DWG ? Elle présente même un avantage de taille : l’IFC sert de filtre entre la donnée source et la donnée partagée. L’IFC permet donc de supprimer certaines des caractéristiques des objets 3D que vous avez développés, non-essentielles à la maquette partagée.

Vous avez développé un objet 3D intelligent, avec des paramètres de visibilité, des champs personnalisés, des poignées d’étirement ou je ne sais quelle autre « comportement assisté » qui vous aide vous en interne à dessiner plus efficacement ?

L’IFC ne transmettra au final que l’objet avec ses caractéristiques basiques (matériau, localisation, liaisons aux autres objets…) sans véhiculer la « surcouche d’intelligence » que vous avez créée.

Oui l’IFC va permettre de couvrir les architectes fasse à ce risque de partage non désiré de leur bibliothèque. Mais malgré tout, certains architectes affirment qu’une maquette transmet des choses plus subtiles, un savoir-faire, une expertise, un regard architectural, une façon de travailler…

Honnêtement, je ne comprends pas cet argument car tous ces aspects sont véhiculés dans la même façon qu’on soit en DWG, en PDF, en papier ou en IFC.

Il s’agit du contenu du projet architectural, et quel que soit le contenant, il sera toujours véhiculé de la même façon.

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