Le BIM trouve un écho très favorable à sa démocratisation voire à son imposition auprès de l’opinion publique et des législateurs, car il ouvre la porte à de grandes ambitions qui apportent, disons-le, un peu de rêve et d’espoir dans un secteur en crise et en panne d’innovation.

Premier point : le climat

« Aux Etats-Unis, 38 % des émissions de carbone viennent du secteur du bâtiment, 72 % de l’énergie totale est consommée par ce même secteur et 37 % de l’ensemble des matériaux de construction est finalement transformé en déchets. En France, le bâtiment est responsable d’environ 40 % de l’énergie consommée et de 25 % des émissions de gaz à effet de serre » (Le Moniteur n°5756). En tant qu’avatar de bâtiment, le BIM permet d’effectuer de nombreuses simulations dès la phase d’esquisse, permettant d’intégrer la volonté de performance énergétique dès les premières minutes de la vie d’un projet. Dès le stade de l’Esquisse, un architecte peut, grâce au BIM, moduler l’orientation de son bâtiment et réaliser en direct des calculs d’ensoleillement et des simulations thermiques pour corriger ce qui est encore parfaitement modifiable à cet instant, mais qui ne le sera plus au stade de l’Avant-Projet.

Deuxième point : rester compétitifs

Taux d'adoption du BIM en Amérique du Nord
Taux d'adoption du BIM en Amérique du Nord

Le BIM n’est pas une lubie temporaire, ni une « idée de génie » qui fera pschitt. Le BIM est une vraie révolution, une évolution nécessaire qui s’instaure doucement, mais sûrement, et qui ne manquera pas de laisser sur le quai tous ceux qui ne seront pas montés dans le train. L’arrivée dans les années 80 des logiciels de Dessin Assistés par Ordinateur (DAO) avait également fait des émules et soulevé des critiques de la part des architectes qui y voyaient une atteinte à leur liberté de conception. Et pourtant, aujourd’hui, aucun architecte ne pourrait envisager de réaliser des projets d’envergure sans informatique, ni même aucune entreprise de construction ne pourrait envisager de se passer des plans informatiques pour réaliser ses études. Et malgré certaines réticences retentissantes, l’adoption du BIM se propage rapidement, signe que l’ensemble des intervenants à l’acte de construire y voient un intérêt majeur pour le développement de leurs activités, l’optimisation de leurs processus, ou, plus futilement mais tout aussi important, pour leur image de marque.

Troisième point : la pression économique

Ça ne vous a probablement pas échappé : la crise est là, depuis longtemps maintenant et ce n’est pas fini… Plusieurs économistes, pessimistes diront certains, doutent même que la situation économique mondiale ne s’améliore significativement avant au minimum une décennie. Alors, que fait-on ? On baisse la tête, on serre les dents et on attend de voir si l’entreprise survivra ? Peu d’entreprises parviennent à conserver une marge positive sur leurs chantiers, alors à défaut de savoir vendre moins cher, il reste la solution de vendre une meilleure qualité, un meilleur savoir-faire. Et être « BIM Ready » est aujourd’hui un vrai argument commercial qui permettra dans quelques années de surfer sur la crête d’une vague réservée aux pionniers et qui, comme la DAO, finira par devenir un standard, jusqu'à la vague suivante.

De la restriction nait le génie

Soyez motivés…

Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’innover est une perte de temps. Investir financièrement dans des formations et logiciels et s’investir personnellement pour initier le changement de mentalités et d’habitudes de travail auprès de ses collaborateurs et partenaires est évidemment compliqué pour un entrepreneur aujourd’hui au vu des difficultés financières que la majorité d’entre nous subit. Et justifier de tels investissements auprès de ses collaborateurs, alors même qu’on leur explique que le contexte ne permet pas de leur offrir une augmentation, demande un vrai effort pédagogique.

Mais c’est en s’adaptant aux conditions nouvelles que l’on maintient une activité. Et heureusement je ne suis pas le seul à en être convaincu.

Sondage sur l'adoption du BIM en France
Sondage sur l'adoption du BIM en France

L’opinion générale est plutôt favorable au BIM, preuve que la démarche ne peut pas être réduite à un effet de mode, mais bien à une évolution majeure en marche. Mais y être favorable suffira-t-il ? Parmi les personnes interrogées, combien mènent des actions concrètes en faveur de l’implantation du BIM ?

Le BIM comme « Bouleversement Interprofessionnel Majeur » demande un effort à chacun d’entre nous et personne ne pourra rester à la marge en attendant que le processus s’ancre de lui-même.

Sois le changement que tu veux voir dans le monde
- Gandhi

…Ou soyez contraints de l’être !

Le BIM a convaincu les plus hautes sphères de l’Etat. La « révolution numérique » concerne de nombreux secteurs et est un sujet d’une incroyable importance pour la santé économique d’un pays, actuelle, mais surtout future. Les gouvernements en place, quel que soit le pays, ne peuvent se permettre de rester laxistes. Alors, ils légifèrent.

Nous allons progressivement rendre obligatoire la maquette numérique dans les marchés publics d’Etat en 2017. Et je suis sûre que les collectivités suivront très rapidement
– Cécile Duflot, ministre française de l'Egalité des territoires et du Logement – Le Moniteur, le 18/03/2014

  • Finlande : 2007,
  • Danemark : 2007,
  • Pays-Bas : 2012,
  • Grande-Bretagne : 2016,
  • Et j’en passe…

Et j’en passe… Tous nos gouvernements voisins passent par des dates butoirs auxquelles ils imposent l’utilisation du BIM dans les marchés publics.

Ce n’est pas une blague. Ce livre n’est pas à prendre à la légère. Pas plus que les volontés gouvernementales, le BIM s’imposera à vous que vous le vouliez ou non...

Vous méritez d'en savoir plus sur le BIM

Découvrez « BIM & BTP / Construire grâce à la maquette numérique », le livre de la révolution numérique dans le BTP.
BIM & BTP - Couverture du livre

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